Au Kenya, Paul Nthenge Mackenzie, pasteur autoproclamé d’une secte évangélique, sera inculpé pour 52 morts supplémentaires
Le pasteur autoproclamé d'une secte jugée responsable de la mort d'environ 450 fidèles en 2023 sera poursuivi pour 52 décès supplémentaires survenus l'année précédente sur la côte kényane. Cette affaire a profondément secoué le Kenya.
Le pasteur autoproclamé d'une secte jugée responsable de la mort d'environ 450 fidèles en 2023 sera poursuivi pour 52 décès supplémentaires survenus l'année précédente sur la côte kényane. Cette affaire a profondément secoué le Kenya.
Paul Nthenge Mackenzie, détenu depuis avril 2023, est déjà inculpé pour « meurtre, homicide involontaire, radicalisation » dans le cadre d'une première enquête. Il comparaîtra le 11 février, date à laquelle les deux dossiers judiciaires seront unifiés, selon le parquet national.
« Des doutes raisonnables pèsent sur Mackenzie, considéré comme l'instigateur et le superviseur de la commission des infractions, ayant utilisé des enseignements radicaux (...) pour attirer des victimes vers le foyer isolé de Binzaro » , indique le Bureau du directeur des poursuites publiques.
Binzaro est un village situé à environ 30 kilomètres de la forêt de Shakahola, où le premier massacre a eu lieu. À partir de juillet 2025, 34 corps et 102 fragments de corps ont été exhumés sur plusieurs mois.
Paul Nthenge Mackenzie est également inculpé de « terrorisme », « torture » et « cruauté » sur mineurs dans le premier dossier. Les enquêteurs ont retrouvé des « notes manuscrites dans des cellules occupées par Mackenzie » , en lien avec la seconde vague de décès, selon l'ODPP. Les restes de près de 450 personnes avaient été exhumés en 2023 dans la forêt de Shakahola.
Le pasteur autoproclamé d'une secte jugée responsable de la mort d'environ 450 fidèles en 2023 sera poursuivi pour 52 décès supplémentaires survenus l'année précédente sur la côte kényane.
Les victimes présumées auraient suivi Mackenzie, ancien chauffeur de taxi devenu pasteur, qui les aurait incitées à jeûner jusqu'à la mort pour « rencontrer Jésus » avant la « fin du monde » prévue cette année-là.
Défaillances de la Justice et de la Police
Malgré l'affaire de Shakahola, un fidèle s'est échappé en juillet 2025 de Binzaro, où certains de ses enfants seraient morts. Contrairement à Shakahola, les corps ont été enterrés individuellement sous une fine couche de terre, recouverte de branchages.
Onze personnes ont été arrêtées pour leur implication à Binzaro, dont certains anciens membres de Shakahola, selon des documents judiciaires. Parmi eux, Sharleen Temba Anido, considérée comme l'instigatrice du second massacre. Son mari serait mort à cause de ses « croyances religieuses extrêmes » .
L'affaire a provoqué un traumatisme dans ce pays majoritairement chrétien où les petites Églises évangéliques se multiplient sans grand contrôle. Elle a particulièrement ébranlé la côte kényane, connue pour ses plages et ses hôtels.
Un rapport sénatorial d'octobre 2023 a relevé des « défaillances » dans la justice et la police kényanes, permettant à Paul Nthenge Mackenzie de prêcher un jeûne extrême malgré plusieurs alertes. En 2017, il avait été acquitté d'accusations de radicalisation et, en 2019, il avait été accusé de la mort de deux enfants, mais libéré sous caution en attente de procès.
La commission a également pointé la responsabilité de la police locale, qui avait enregistré « des plaintes récurrentes de chefs religieux et de la communauté locale contre ses activités dès 2017 » .
Based on reporting by Le Monde.



