En Côte d’Ivoire, treize membres du principal parti d’opposition ont été arrêtés, selon leur avocat
Treize membres du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) ont été inculpés depuis le mardi 7 octobre pour « complot contre l'autorité de l'Etat » . Selon les déclarations de leur avocat et de leur parti, ces arrestations s'inscrivent dans un contexte…
Treize membres du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) ont été inculpés depuis le mardi 7 octobre pour « complot contre l'autorité de l'Etat » . Selon les déclarations de leur avocat et de leur parti, ces arrestations s'inscrivent dans un contexte politique tendu en Côte d'Ivoire, en raison du rejet par le Conseil constitutionnel des candidatures de plusieurs opposants, notamment celle du président du PDCI, Tidjane Thiam.
« Au total, treize personnes ont été arrêtées et ont été déférées mardi devant la cellule d'enquête spécialisée dans la lutte antiterroriste. Elles sont accusées de complot contre l'autorité de l'Etat et de troubles à l'ordre public » , a déclaré à l'AFP leur avocat, Sosthène Touré. L'accusation repose sur leur implication présumée dans l'organisation d'une marche interdite le 4 octobre et la préparation d'actions subversives. Une personne parmi elles aurait été arrêtée par erreur, n'étant pas membre du PDCI. L'inculpation de ces treize personnes a été confirmée par l'avocat et député du PDCI, Jean-Chrysostome Blessy.
Les partis d'opposition PDCI et Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (PPA-CI), dirigé par l'ancien président Laurent Gbagbo, avaient prévu une marche le 4 octobre pour « la démocratie, la justice et la paix » . Interdite pour « risques élevés de trouble à l'ordre public » , elle a été reportée au samedi suivant. Les autorités ont également interdit les manifestations contestant les décisions du Conseil constitutionnel, qui a rejeté les candidatures de MM. Thiam et Gbagbo, ces derniers étant radiés de la liste électorale pour des questions de nationalité et de condamnation pénale respectivement.
Treize membres du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) ont été inculpés depuis le mardi 7 octobre pour « complot contre l'autorité de l'Etat » .
L'opposition critique la possibilité qu'Alassane Ouattara puisse briguer un quatrième mandat, ce qui serait contraire à la Constitution ivoirienne, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Cependant, le Conseil constitutionnel considère que l'adoption de la nouvelle Constitution en 2016 a remis à zéro le compteur des mandats.
« On veut embastiller tous nos militants pour qu'on ne puisse pas faire les marches, pour qu'on ne puisse pas contester le quatrième mandat, complètement illégal et inconstitutionnel » , a dénoncé Jean-Chrysostome Blessy. Les autorités ont assuré que ces arrestations ne sont pas liées à l'appartenance politique et que les procédures d'enquête suivent leur cours.
Quatre candidats d'opposition se présentent contre Alassane Ouattara : l'ex-ministre du commerce Jean-Louis Billon, dissident du PDCI, Simone Ehivet Gbagbo, Ahoua Don Mello, et Henriette Lagou, déjà candidate en 2015.
Based on reporting by Le Monde.



