Eswatini : comment les Etats-Unis ont expulsé cinq hommes dans un « pays inconnu »
## Accords d'Expulsion entre les États-Unis et l'Eswatini
Accords d'Expulsion entre les États-Unis et l'Eswatini
La famille de Roberto Mosquera a découvert son expulsion vers l'Afrique par le biais d'une annonce du gouvernement américain sur un réseau social. Ce citoyen cubain de 58 ans a été renvoyé en Eswatini, un pays enclavé en Afrique australe, suite à un accord avec les États-Unis.
Roberto Mosquera a été arrêté le 13 juin à Miramar, en Floride, lors d'un contrôle de routine par les agents de l'immigration et des douanes américaines (ICE). Bien que sa famille ait été informée qu'il avait été renvoyé à Cuba, il a été finalement reconnu sur une photo postée par Tricia McLaughlin, porte-parole du ministère de la sécurité intérieure, indiquant son expulsion vers l'Eswatini, à environ 13 000 km de la Floride.
Un accord entre les États-Unis et l'Eswatini prévoit l'acceptation de jusqu'à 160 personnes expulsées en échange de 5,1 millions de dollars pour renforcer les capacités de gestion des frontières et de l'immigration en Eswatini. Des ressortissants de divers pays, dont Cuba, la Jamaïque, le Laos, le Vietnam et le Yémen, ont déjà été expulsés dans le cadre de cet accord.
La famille de Roberto Mosquera a découvert son expulsion vers l'Afrique par le biais d'une annonce du gouvernement américain sur un réseau social.
Washington a déclaré que les individus expulsés en juillet sont coupables de crimes graves. Cependant, leurs avocats affirment qu'ils ont déjà purgé leurs peines et vivaient légalement aux États-Unis. À leur arrivée en Eswatini, ils ont été incarcérés sans motif dans une prison de haute sécurité, sans accès à un avocat et avec des restrictions sévères sur les communications avec leurs familles.
Les expulsés n'ont été informés de leur destination qu'une fois à bord de l'avion. Ces actions ont suscité des critiques de la part de groupes de défense des droits humains qui dénoncent des pratiques équivalentes à de la traite humaine officielle. L'avocat Tin Thanh Nguyen a déclaré que ces expulsions s'apparentent à un échange d'individus contre de l'argent, dans le cadre d'accords obscurs.
Le gouvernement de l'Eswatini a donné peu d'informations sur le sort des détenus ou sur les détails de l'accord signé avec les États-Unis. Jusqu'à présent, seul un Jamaïcain a été rapatrié, tandis que d'autres restent emprisonnés en Eswatini, dans l'attente de leur retour.
Based on reporting by Le Monde.



